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Blocages à Bouillante, ce vendredi matin. Pourtant, il y a deux jours, la dizaine d'employés grévistes, sur les quinze que compte la société de transport TCSV (Transport Côte-Sous-le-Vent), basée à Pointe-Noire, avaient déjà été délogés de l'accès aux garages des cars de la zone, à Galet. Mais les piquets de grève sont réapparus aujourd'hui. Depuis le début du mouvement social, soit le mercredi 3 mars, aucun contact n'a eu lieu avec le gérant Max Fattore (que nous n'avons pu joindre).
Le représentant syndical Gaby Clavier, de l'Union générale des travailleurs de Guadeloupe (UGTG), a dressé une liste de quatre points de revendication.
Les personnels mobilisés réclament la réintégration du conducteur « licencié abusivement »... et ce n'est pas la première fois ! En effet, Michel Gaël avait été licencié au 1er octobre 2009, parce qu'il refusait, à raison selon ses collègues, de travailler plus de cinq jours par semaine. Suite à une mobilisation menée dans la foulée, l'homme a été réintégré dans ses fonctions, le 14 octobre. Mais en décembre dernier, idem : il a été renvoyé de nouveau. Cette fois, la direction avait un autre argument : selon Gaby Clavier, des écoliers contrôlés dans son véhicule de fonction ne possédaient pas de ticket de transport. L'employé a été jugé responsable de cette fraude. « Non ! », rétorquent les grévistes, « ce n'est pas le rôle des chauffeurs de contrôler les billets ; cette tâche incombe aux contrôleurs ». D'autres procédures de licenciement seraient en cours. Les tentatives de négociation n'ont rien donné à ce jour.
Il est aussi question de droit du travail : le personnel mobilisé exige le paiement de tous les rappels de salaires dus, notamment en matière d'heures supplémentaires. Il dit effectuer 12 à 14 heures de travail quotidiennement, au lieu de 8. Ce vendredi matin un inspecteur du travail s'est déplacé : il a rencontré les grévistes et a récupéré les documents qu'ils tiennent pour preuves de leurs mauvaises conditions d'exercice.
Les deux autres points de revendication portent sur le respect du droit syndical et de la liberté syndicale ; les grévistes réclament l'arrêt de toutes sanctions à l'encontre des salariés syndiqués.
Par ailleurs, Gaby Clavier affirme que la direction de l'entreprise ne peut être tenue pour seule responsable des problèmes actuels. En juin 2008, la société TCSV a obtenu une délégation de service public du Conseil Général, lui permettant d'exploiter une ligne de transport interurbain de voyageurs. Il revient donc, selon le responsable syndical, à la collectivité de veiller au respect du cahier des charges qu'elle a mis en place, notamment quant au respect du droit du travail, aux conditions de travail, ou encore à la sécurité des usagers. L'UGTG a bien l'intention d'aborder ce sujet, lors d'une réunion sur les transports interurbains de voyageurs organisée dans l'après-midi, au Département.
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