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Il y a un an, jour pour jour, la Guadeloupe sortait de 44 jours de grève générale. Le 4 mars 2009, en effet, le préfet Nicolas Desforges, le président du Conseil Régional Victorin Lurel, le président du Conseil Général Jacques Gillot, les représentants de quelques organisations patronales et les responsables des 49 organisations plurielles composant le collectif «Liyannaj kont pwofitasyon » (LKP) signaient un protocole de fin de conflit. Celui-ci apportait des réponses, ou promettait la poursuite des négociations, sur chacun des 146 points de la plateforme de revendication présentée par le LKP.
Mais le collectif à l'origine de la mobilisation n'a cessé depuis de dénoncer le non-respect des accords signés ; le porte-parole Elie Domota et les siens pointent du doigt tant les autorités nationales, que locales. Le résultat est que le département reste la proie de tensions sociales. Quoiqu'il en soit, le LKP n'a pas réussi, malgré plusieurs tentatives, à relancer un mouvement populaire similaire à celui de l'an dernier. Au mieux, des milliers de guadeloupéens ont répondu présents, lors de la demi-douzaine de marches symboliques organisées dans les rues de Pointes-à-Pitre, ces douze dernier mois. Les appels à la grève générale, en revanche, n'ont été que très timidement suivis.
Aujourd'hui, il est difficile de dire quels sont les impacts de la grève sans précédent qui a sévit en Guadeloupe à compté du 20 janvier 2009 : après un tel évènement, la vie est restée relativement chère, les prix des carburants repartent à la hausse, par ailleurs plusieurs travailleurs qui ont finalement obtenu les 200 euros d'augmentation salariale réclamés par le LKP, commencent à voir cette somme fondre. En effet, ceux qui bénéficient de l'accord interprofessionnel après extension par arrêté ministériel (soit de l'accord Bino tronqué de sa clause de convertibilité), perdent dès ce mois de mars 2010 les 50 euros mensuels qui étaient versés par les collectivités majeures. Dans trois ans, ils perdront 100 euros de plus par mois, puisque l'Etat cessera à son tour de contribuer aux hausses salariales.
Le LKP, qui se dit mandaté par le peuple, entend rester vigilent et poursuivre la lutte « sur tous les terrains », pour le respect des salariés et des consommateurs. Les revendications du collectif les plus fortes, portent sur l'application pleine et entière de l'ensemble des dispositions de l'Accord Bino, la mise en place d'un véritable plan d'urgence pour la formation et l'emploi des jeunes, l'arrêt des licenciements, l'ouverture des négociations sur les salaires, la formation, les conditions de travail, la transparence du mode de fixation des prix de carburants, l'arrêt de la répression antisyndicale, la défense des terres agricoles et le développement de la production locale, la sauvegarde des emplois dans le secteur des produits pétroliers, de la sécurité privée et des services bancaires, l'organisation d'un transport public de voyageurs efficace et le respect des droits des transporteurs, la négociation d'un plan de santé publique privilégiant la prévention, l'éducation thérapeutique et la lutte effective contre les maladies cardio-vasculaires, le diabète, l'hypertension artérielle, le Sida...
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