MAXImini.com : Alors Jean-Luc, ça marche toujours les clips en Guadeloupe ?
Jean-Luc Stanislas : Depuis mon arrivée en 1996, j'ai toujours vu la réalisation de différents clips. Personnellement il n'y a pas de souci. Le dernier clip que j'ai réalisé était pour Fuckly.
MAXImini : Pourtant on constate une diminution des diffusions à la télé. Pourquoi ?
JL S : Je ne sais pas. Ce que je suis sûr, c'est que c'est RFO qui décide. C'est dommage car ce sont des productions locales et s'il n'y a pas de diffuseurs les clips disparaîtront. Cependant les producteurs investissent davantage pour faire des propositions à Trace TV qui est très exigeante sur la qualité.
MAXImini : Quel est l'intérêt actuellement pour un artiste de réaliser un clip ?
JL S :Les images permettent d'avoir une vision différente de l'écoute. Nous avons eu d'excellent retour pour les clips « Rev an mwen d'Admiral » T et « Gwada » de Dominik Coco. » C'est un bon moyen de vendre la Guadeloupe avec de belles choses et beaucoup d'émotions.
MAXImini : D'où viens ton inspiration ?
JL S : C'est avant tout un échange avec l'artiste. Savoir qui il est, ce qu'il aime, sa musique, ses textes mais c'est en fait du 50-50 avec ma personnalité car chaque demande correspond à une évolution dans mon existence.
MAXImini : Fais tu parti de ceux qui font dans les belles doudous, la plage et les cocotiers ?
JL S : Je ne l'ai encore jamais fait. Je suis davantage à la recherche d'identité culturelle. Le peuple antillais a une histoire qui évolue régulièrement. Je ne suis pas un « gwo ka » à 100 % puisque j'ai été éduqué par la télé et je travaille avec internet.
MAXImini : L'audiovisuel nourrit-il son homme en Guadeloupe ?
JL S : Uniquement si on bosse à RFO. J'ai fait une formation de cinéma à Paris à l'école supérieure de cinéaste et d'acteur (ESCA) et ma motivation était de participer à l'élaboration du cinéma en Guadeloupe. En arrivant ici il y a huit ans, j'ai constaté que le marché de l'audiovisuel n'était pas structuré. Tout le monde monte sa boîte de « prod » sans savoir qu'il y a une grande différence entre le cinéma et l'audiovisuel. En ce qui me concerne je dirais que je survis. Souvent nous sommes payé au noir, mais pour beaucoup d'entre nous c'est avant tout une passion.
MAXImini : As-tu des projets de long métrage ?
JL S : En ce moment je suis sur une « vibe » de série télévisée que j'ai réalisé avec « C nou menm », qui est un collectif de professionnel d'image et du son. Nous avons pour objectif de développer la création et améliorer les conditions de travail des créateurs. « Trafic d'infos » est le titre de la série. Malgré son côté futuriste nous avons eu de bonnes critiques et des félicitations au Festival de Saint-Barthélémy, en Haïti, en Martinique et au Canada. Nous avons également fait la première partie du film « Neg mawon ».
MAXImini : Quelle est ton actualité actuellement ?
JL S : Je travaille sur un documentaire retraçant les quinze ans de carrière de Dominique Coco. Ce sera un DVD qui sera offert avec son prochain album live. C'est un patchwork en image en son et en infographie. C'est très enrichissant pour moi car c'est une occasion de rencontrer des artistes qui je ne connaissais pas comme Dominique Panol, Jeff Joseph ou encore Georges Décimus. J'ajoute que c'est valorisant pour ma carrière, car s'ils ont fait appel à moi c'est qu'ils me font confiance