Maximini : Qui êtes vous José Plya ?
José Plya : Je suis d'origine béninoise, j'ai fait mes études à la Sorbonne où j'ai réussi mon agrégation en lettres modernes. Après avoir enseigné à Lille je suis parti en coopération pour le ministère des affaires étrangères. J'ai travaillé aux centres culturels de la Guinée Equatorial, du Cameroun, au Mexique et j'ai terminé en Dominique. Je pense que ma candidature a été retenue par le fait que je suis d'abord un auteur de théâtre. D'ailleurs ma pièce « Le complexe des Thénardier » a connu un grand succès et a même été traduite en quinze langues.
M : Que vous ont apporté tous ces voyages ?
JP : Très formateur. Cela a d'abord été une ouverture sur les autres et j'ai découvert des choses qui n'étaient pas acquises d'avance. Tout cela m'a aidé à entrer à la Scène Nationale de Martinique en 2002.
M : Au fait, c'est quoi une Scène Nationale ?
JP : Association de loi 1901 qui a pour vocation de proposer au public le plus large possible des créations contemporaines en musique, théâtre, danse, cirque actuel et les arts de la rue.
M : Où vous situez-vous dans l'organigramme de l'Archipel ?
JP : Je suis à la direction générale chargé de la programmation artistique à partir d'un projet qui a été avalisé par des tutelles tels que le Conseil Général et la DRAC.
M : Comment comptez-vous gérer « l'après Lafleur » ?
JP : Je pense évoluer dans l'accomplissement de ce que Claire Nita Lafleur avait commencé. Ma mission est de permettre aux artistes de capitaliser le travail déjà fourni, en leur offrant un cadre afin qu'ils puissent mélanger les différents arts et créer de nouvelles écritures scéniques.
M : Justement, qu'avez-vous prévu pour les artistes guadeloupéens ?
JP : Je vais mettre en place une stratégie de co-production avec d'autres structures aux Etats-Unis au Canada et en France, ce qui leurs permettront d'exporter leurs talents.
M : Vous qui venez d'ailleurs, comment est perçu l'art antillais à l'extérieur ?
JP : Il y a une forte reconnaissance au niveau de la musique antillaise surtout pour le zouk qui marche fort en Afrique et aux Etats-Unis. Les écrivains commencent à se décomplexer tout comme les plasticiens comme Rovélas. L'art théâtral connaît plus de difficultés ce qui est normal car il n'existe pas encore de Conservatoire. En ce qui concerne la danse ce n'est que récemment que Léna Blou est parti en stage aux Etats-Unis.
M : On dit que l'Archipel était réservé à l'élite. Comment comptez-vous popularisez le lieu ?
JP : Il y a un gros travail à fournir sur les publics, les associations, les comités d'entreprises, les scolaires Il est temps de créer l'école du spectateur, l'initiation à la chose théâtrale. On peut très bien faire du populaire tout en restant dans la qualité.
M : Donc votre mot d'ordre sera qualité et non quantité ?
JP : Tout à fait. Cette saison nous avons que six ou sept spectacles par trimestre.
M : Qui seront vos partenaires ?
JP : Nous avons resserré nos liens avec Air France et un partenariat a été convenu avec Air Canada car le transport est notre plus gros souci. Pour diminuer les frais de communication nous travaillerons de concert avec le Centre des Arts et de la Culture et le CMAC en Martinique. Pour diminuer les cachets des artistes il faut leur proposer plusieurs
prestations. Pour les petites productions nous envisageons de collaborer avec les petites scènes comme le Lamentin ou Robert Loyson au Moule.
M : Votre première tête d'affiche est Angélique Kidjo. Avez-vous l'intention d'inviter tous vos compatriotes ?
JP : Heureusement que je ne suis pas sénégalais ! Je précise qu'Angélique Kidjo a été invité par Claire-Nita Lafleur depuis très longtemps et c'est avec un réel plaisir qu'elle a confirmé mon invitation.