Commémoration de l’Abolition de l’esclavage : ce sera le 10 mai.

Commémoration de l’Abolition de l’esclavage : ce sera le 10 mai.

Jacques Chirac a annoncé ce lundi le choix de cette date pour la France métropolitaine. Dans les DOM, l'abolition de l'esclavage est célébrée le 27 mai.L'épilogue de cette décision tient pour beaucoup à la lutte sans répit de dizaines d'associations pour la reconnaissance de ce crime et surtout la manifestation de son impact sur le présent. Principal interlocuteur des autorités sur la question, le Comité pour la Mémoire de l'Esclavage présidé par la Guadeloupéenne Maryse Condé, avait émis les meilleurs traits pour justifier et faire admettre l'éveil national sur son passé. Témoins, les lignes du «manifeste» tiré de sa documentation :

«Conscient de l'ignorance, sinon de l'indifférence, d'une grande partie de la population métropolitaine française envers ce qui constitue pour les sociétés guadeloupéenne, guyanaise, martiniquaise et réunionnaise le fondement même de leur organisation sociale et culturelle - la mise en esclavage -, le Comité propose à Monsieur le Premier ministre de retenir une date qui puisse à la fois inscrire symboliquement cette histoire dans le calendrier national et contribuer à l'élaboration d'un récit partagé, en mettant en lumière les contributions créatrices des sociétés issues de l'esclavage. Le Comité a cherché aussi à donner une dimension européenne et internationale à cette date.»

«Pour le Comité, la date de commémoration annuelle pour la France métropolitaine de l'abolition de l'esclavage doit répondre à plusieurs objectifs : rappeler à la France qu'elle participa à la traite et à l'esclavage, inscrire symboliquement l'abolition de l'esclavage dans le calendrier officiel des célébrations nationales et inviter l'ensemble des citoyens de la République française à se pencher chaque année solennellement sur cette page douloureuse de son histoire, en favorisant à cette occasion la plus large diffusion d'un récit partagé.»

Dans son discours ce lundi, le président de la République a su trouver le ton pour s'adresser aux Françaises et aux Français :

«La grandeur d'un pays, c'est d'assumer toute son histoire. Avec ses pages glorieuses, mais aussi avec sa part d'ombre. Notre histoire est celle d'une grande nation. Regardons-la avec fierté. Regardons-la telle qu'elle a été» a-t-il souligné avant de préciser, «Ce sera, comme le propose votre rapport, au terme d'un travail très approfondi, le 10 mai, date anniversaire de l'adoption à l'unanimité par le Sénat, en deuxième et dernière lecture, de la loi reconnaissant la traite et l'esclavage comme un crime contre l'humanité. Aucune date ne saurait concilier tous les points de vue. Mais ce qui compte, avant tout, c'est que cette journée existe. Elle ne se substituera pas aux dates qui existent déjà dans chaque département d'outre-mer».

«Dès le 10 mai de cette année, des commémorations seront organisées dans les lieux de mémoire de la traite et de l'esclavage en métropole, outre-mer et, je le souhaite, sur le continent africain. Votre Comité devra y veiller», a ajouté le chef de l'État.

Léo Nséké

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