Comment la CIA a envoyé Nelson Mandela en prison pendant 28 ans

Comment la CIA a envoyé Nelson Mandela en prison pendant 28 ans

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Lorsque Nelson Mandela sort de prison, en février 1990, le président George Bush lui téléphone personnellement pour lui dire que tous les Américains « se réjouissent de sa libération' ».

Il s'agit du même Nelson Mandela qui a été emprisonné pendant près de 28 ans parce que la CIA avait informé les autorités d'Afrique du Sud sur l'endroit où ils pourraient le trouver.

Et il s'agit de ce même George Bush, ancien chef de la CIA, qui pendant huit ans a été le numéro deux d'une administration pendant laquelle la CIA et la NSA ont étroitement collaboré avec les services de renseignements sud-africains, fournissant des informations sur l'African National Congress (ANC) de Mandela.

 
L'ANC était un mouvement nationaliste progressiste dont l'influence s'était manifestée dans d'autres pays africains. Voilà pourquoi Mandela était perçu par Washington comme un élément du légendaire Complot Communiste International. Mais la collaboration entre les Américains et les Sud-Africains n'avait pas que des bases idéologiques. Il ne faut pas oublier que l'Afrique du Sud représentait une source importante d'approvisionnement d'uranium pour les États-Unis. Voilà pourquoi les Américains étaient les meilleurs supporters des Sud-Africains aux Nations Unies.

Mandela était recherché depuis 17 mois quand, le 5 août 1962, la police arrête une voiture à un barrage routier à la sortie de Howick. À l'intérieur du véhicule, Mandela prétend être le chauffeur d'un passager blanc, assis à l'arrière. Comment la police a-t-elle su qu'il fallait se trouver là pour arrêter le leader de l'ANC ?

Il n'y ajamais eu d'explications officielles. À la fin du mois de juillet 1986, cependant, trois journaux sud-africains ont publié des articles — repris peu après par la presse londonienne et en partie par la chaîne américaine CBS — qui ont enfin fait pleine lumière sur cette question. Ils ont révélé qu'un agent de la CIA, Donald C. Rickard, se faisant passer pour un agent consulaire de Durban, avait révélé à la « Branche Spéciale » que Mandela se serait déguisé en chauffeur dans une voiture se rendant à Durban.

Rickard avait obtenu ce renseignement d'un informateur de l'ANC. Un an plus tard, on donnera une fte d'adieu en son honneur en Afrique du Sud, chez un fameux mercenaire de la CIA, «Mad Mike » Hoare. Rickard, l'esprit peut- être embrumé par l'alcool, déclarera devant les personnes présentes qu'il aurait dû rencontrer Mandela cette nuit fatale mais qu'il avait passé le renseignement à la police. Lorsqu'il sera interrogé par CBS à ce sujet, Rickard refusera de répondre.

En 1986, lorsque l'affaire éclate, un journaliste de CBS, Allen Pizzey, a interviewé le journaliste James Tomlins qui se trouvait en Afrique du Sud en 1962. Selon ses déclarations, Rickard lui aurait confié qu'il avait été impliqué dans l'arrestation de Maxidela. 

Le 10juin 1990, TheAtianta Journal and Constitution publie les révélations d'un agent des renseignements américain maintenant à la retraite. Quelques heures après l'arrestation de Mandela, Paul Eckel, à l'époque agent de haut niveau de la CIA, lui aurait dit : « C'est nous qui avons livré Mandela aux services secrets sud-africains. Nous leur avons donné tous les détails dont ils avaient besoin, les vêtements qu'il porterait, le jour, l'heure et l'endroit exact où il se trouverait. Ils l'ont pris. C'est l'un de nos meilleurs coups.»

Après la libération de Nelson Mandela, on a demandé à la Maison-Blanche si Bush avait l'intention de présenter ses excuses pour la responsabilité des États-Unis dans cette affaire lors d'une prochaine rencontre avec le leader noir. Certes, la Maison-Blanche aurait pu démentir catégoriquement les bruits qui depuis longtemps circulaient à ce sujet. Au lieu de cela, son porte-parole Marlin Fitzwater répondra : « Cela s'est produit à l'époque de l'administration Kennedy... Ne me faites pas de reproches pour des actes commis par les hommes de Kennedy ».

De son côté, la CIA déclare «Notre politique est de ne pas faire de commentaires sur ce genre d'allégations.» C'est ce que l'Agence déclare à chaque fois qu'elle pense qu'elle n'a rien à gagner en faisant des déclarations. En d'autres occasions, lorsqu'elle pense que cela peut servir ses intérêts, la CIA fait des commentaires sur toutes sortes d'affaires.
Pendant que la jeunesse et la santé de Mandela s'éteignaient lentement derrière les barreaux de sa prison, Donald Rickard s'est retiré pour vivre confortablement et librement à Pagosa Springs (Colorado). II y réside encore aujourd'hui.

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