De l’imputabilité des politiques dans la gestion de la cité. La faillite des pouvoirs publics en Guadeloupe.

De l’imputabilité des politiques dans la gestion de la cité. La faillite des pouvoirs publics en Guadeloupe.

Il y a comme un relent de sursaut dans la vie citoyenne dans l'archipel où se mêlent désormais désarroi et concupiscence.Toutes les tribunes téléphoniques des médias électroniques s'enflamment depuis plusieurs semaines et les remarques souvent à la limite de la décence démontrent l'échec des locataires des exécutifs locaux. Les Conseil régional et général mêlés dans des conflits personnels interminables et toujours en campagne électorale poussée n'ont cure des avis des uns et des autres. Ce n'est pas la dernière convergence de leurs exécutifs qui, en notre sens, changera grand chose sinon affirmer un axe politique en chute libre. Interpellés sur l'action, la phraséologie comme réplique tient lieu d'arme intellectuelle et l'évasif confime l'absence totale de vision pour le pays Guadeloupe. La dernière crise des fonds européens est là pour montrer combien on est empêtrés dans une logique totalement et faussement manichéenne. Les multiples projets de développement social et environnemental sont ainsi à l'eau pour de basses raisons procéduriales pourtant pas ou très peu la cause des rejets de dizaines de dossiers montés avec soin. Dire, à juste titre, que l'on préfère voir ces sommes retourner à Bruxelles parce qu'elles ne peuvent être manipulées, se veut simplement un constat tant l'intelligence est ici insultée au regard de la gestion des multiples autres programmes de subventions. On ne peut pas vouloir l'émancipation d'un peuple en lui otant les outils nécessaires à son épanouissement. On ne peut prétendre initier un renouveau politique en niant tous les jours les remarques justifiées d'une démarche sans but. On ne peut prendre le peuple à témoin de turpitudes passées en s'évertuant à appliquer des mesurettes comme pansement aux maux profonds de la société guadeloupéenne dont il est question ici. En se comparant(encore !) à la Martinique, on se désole de tant d'indélicatesse et ce ne sont pas les âmes bien pensantes des allées feutrées de Basse-Terre qui nous feront la leçon à ce sujet. La simple notoriété de nos voisins suffit à nous convaincre qu'un gros ver est dans le fruit et se nourrit également de la lâcheté des commettants et autres contribuables. Sur un tout autre plan, l'intégration caraïbes si chantée et voulue ne pourra jamais être possible avec un comportement aussi bancal dans la gestion quotidienne des gens et des choses; avec une anihilation de l'identité guadeloupéenne, pourtant portée à bout de bras par une jeunesse plus politisée qu'on ne le croit. Le mouvement de grève générale initié ce 29 novembre devrait compléter la vague d'une conscientisation citoyenne. Pour le reste il faudra travailler encore plus et se tenir debout ensemble pour qu'on ne pense vraiment plus que le peuple guadeloupéen est un petit peuple né pour du petit pain. À ambitions légitimes, responsables légitimes et vision limpide. La rédemption est à ce prix. Les pouvoirs publics ont décidé de reprendre la main sur bon nombre d'outils de développement comme si les politiciens et autres élus étaient les plus intelligents de la place. "Get the right man at the right place" dit-on dans une autre langue du 6e continent. Les plus compétents aux bonnes places et à chacun son métier. Un politique porte des aspirations, on ne lui a jamais demandé de penser à la place des autres. Croire au contraire relèverait du plus pur mépris.

Léo Nséké

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