La mer est notre futur

La mer est notre futur

Après les îles du Pacifique, Mayotte, la Réunion, Saint-Pierre et Miquelon, la Guyane, la Martinique et la Guadeloupe, les collectivités des îles du Nord disposent aujourd'hui de leur propre conseil maritime ultramarin. Commun aux deux îles, cet outil de planification et de développement s'inscrit dans le prolongement du Grenelle de la Mer. Il a été installé vendredi après midi à Saint Barthélemy.
Présidé par le préfet Simonnet, ce comité accueillait pour sa première réunion, le professeur d'université Christian Buchet, chargé par Nathalie Kosciusko-Morizet du suivi de la mise en oeuvre du Grenelle de la mer et dans ce cadre, de l'installation des comités maritimes. Universitaire, membre de l'Académie marine, historien de la mer, auteur de nombreux livres sur le sujet*, Christian Buchet a expliqué en préambule à la réunion, les enjeux du Grenelle de la Mer dans un contexte de «maritimisation» croissante des économies : «Le Grenelle de la Mer, vaste consultation de tous les acteurs du monde de la mer qui vise à définir une stratégie nationale pour la mer et le littoral, repose sur une conviction forte : la mer est l'avenir de la Terre». Alors que les richesses terrestres s'amenuisent, elle constituerait en effet aujourd'hui le premier potentiel de vie de l'Humanité.
Potentiel alimentaire, médical, énergétique, scientifique, mais aussi, potentiel économique important.
Paradoxalement, alors que sa présence dans tous les océans fait d'elle la seconde puissance maritime mondiale derrière les Etats-Unis, qu'elle est en pointe dans l'exploration du fond des mers, la France est à la traîne en matière d'activité maritime qui ne représente aujourd'hui que 2,5% de son PIB et 315 000 emplois directs. «On peut largement mieux faire», expliquait vendredi l'expert qui estime qu'un 1% de plus du PIB, génèrerait au moins 180 000 emplois directs...
Développer en conservant la ressource, c'est un des grands enjeux du Grenelle de la mer, dont la création de comités maritimes territoriaux -10 en outre-mer qui représente 94% du littoral français, 4 sur les façades maritimes métropolitaines-, officiellement institués lors de la loi Grenelle II adoptée en juillet 2010. Disposant d'un siège au sein du conseil national de la mer et des littoraux institué par cette même loi, ces comités territoriaux ont pour vocation d'élaborer une politique maritime locale durable pour les 10 à 20 ans à venir, mêlant enjeux locaux et régionaux aux engagements du Grenelle de la mer.
Dernier à être installé, le comité ultramarin des collectivités de Saint Barth et de Saint Martin –le seul en outre-mer à réunir deux territoires administratifs distincts- regroupe des élus des deux îles, les services de l'Etat et les établissements territoriaux concernés par la politique maritime ainsi que des usagers de la mer. Il a pour vocation de définir une politique maritime pour les deux îles. Pour une plus grande efficacité, il a été décidé que le comité se déclinerait en deux sous comités : l'un pour Saint Martin, l'autre pour Saint Barth. Cinq thèmes de réflexion ont par ailleurs été identifiés sur lesquels chacun devra se pencher et déterminer des objectifs à atteindre à moyen terme : l'avenir de la pêche ; les enjeux du transport maritime, le développement harmonieux des activités touristiques, la protection et l'éducation à la mer et enfin la coopération régionale. Il a enfin été convenu que le comité se retrouverait dans six mois afin de réaliser une synthèse des travaux et boucler un projet de politique maritime locale qui sera ensuite décliné par des propositions opérationnelles.

GURRIERI

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