Les syndicats préparent-ils une offensive de fin d’année ?

Les syndicats préparent-ils une offensive de fin d’année ?

La fête des morts, les 1 et 2 novembre, risque d'être en Guadeloupe, les ultimes jours d'une longue trêve sociale qui dure depuis le mois de juin. Outre les longs conflits de Danone Guadeloupe, de Caraïbe Import et Carrefour Destrellan, la rentrée sociale aura été plutôt calme. Mais depuis quelques jours, les syndicats appellent à la mobilisation or la fin de l'année approche.Le dernier week-end d'octobre est en Guadeloupe, celui de la Journée internationale du créole et comme l'an dernier, Katrin Blondo, la dynamique responsable du « bureau de développement du créole au conseil général », a mis le paquet. La deuxième édition de « pwan ti ban, la sizé » organisée à la Ramée (Ste Rose) devrait être un succès. Deux jours après ce sera la Toussaint et tous les cimetières de la Guadeloupe s'illumineront à la lueur des milliers de bougies que les vivants déposent sur les tombes des morts.

Ensuite, ce sera la grande manif du «front syndical «regroupant plus d'une dizaine d'organisations. La CTU dans un long communiqué intitulé «dans la perspective d'une grève générale déclare : «qu'elle s'est engagée ainsi que 12 autres organisations syndicales dans un processus qui devrait conduire à une grève générale. Cela nous paraît nécessaire pour fédérer les énergies et débloquer la situation. Cependant, nous mettons en garde contre toute action qui serait simplement un défoulement ou une manifestation de mécontentement de quelques centaines de militants. L'examen de la situation économique et sociale nous exige de prendre en compte non seulement les problèmes des salariés, mais également des inactifs : chômeurs, jeunes, retraités. Pourrions-nous être indifférents à la cherté de la vie qui rogne le pouvoir d'achat des plus modestes, à la disparition des activités productives qui font des Guadeloupéens des citoyens, dépendants de plus en plus des transferts publics ? Des activités productives qui font des Guadeloupéens des citoyens, dépendants de plus en plus des transferts publics ?»

De son côté l'UGTG, qui ne semble pas avoir bien digéré la fin, «an ké a bougo», du conflit à l'hyper-marché Carrefour de Baie-Mahault, a elle aussi publié un long communiqué. Dans ce document de 5 pages, signé par Elie Domota, l'une des têtes pensantes de l'organisation syndicale nationaliste, on relève ceci : «des milliers de Guadeloupéens sans formation, sans qualification, sans emploi, sans revenus,sans perspective,victimes de discriminations à l'embauche dans leur propre pays ou résignés à occuper des postes subalternes ou ne pas travailler du tout. Le cycle infernal : exclusion du savoir, exclusion du travail, exclusion sociale est une criante réalité. ( ) C'est inadmissible. c'est donc par la lutte, par la contestation de la légalité coloniale que les travailleurs feront avancer leurs revendications...»

Toutes ces déclarations, en ce mois de novembre, ne sont guère porteuses de sérénité. Chacun sait en Guadeloupe, que le mois de décembre est toujours celui des conflits les plus durs. L'an dernier, le port de Pointe-à-Pitre a connu un blocage sans précèdent. En sera t-il de même cette année ? Après la manif du 4 novembre, on devrait en savoir un peu plus.

Danik Ibraheem Zandwonis.

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