« Le plus grand réseau de crime organisé dans toute la Caraïbe »

« Le plus grand réseau de crime organisé dans toute la Caraïbe »


Clifford Bandt détenu à Omega


Avec l'arrestation de Clifford Brandt, le Conseil supérieur de la police nationale (Cspn) dit s'attaquer au plus grand réseau de crime organisé fonctionnant en Haïti et dans toute la Caraïbe. Le chef du gouvernement entend faire appliquer la loi envers et contre tous les kidnappeurs.

Avec les quatorze armes de guerre et de poing, les équipements de la DEA et de la police nationale confisqués depuis l’arrestation de Clifford Brandt, le secrétaire d’Etat à la Sécurité publique, Réginald Delva, mesure la capacité de nuisance du gang qu’aurait dirigé l’homme d’affaires écroué à la prison civile de Carrefour. « Nous affrontons le plus grand réseau de crime organisé qui n'ait jamais existé dans le pays et dans toute la Caraïbe », a affirmé Réginald Delva, se référant aux donnés recueillies à la faveur de l’arrestation de Clifford Brandt. Ce dernier a été arrêté au local de son entreprise dans l’après-midi du 22 octobre courant pour son implication  dans l’enlèvement de deux jeunes, Coralie et Nicolas Moscoso.   

Le secrétaire d’Etat, qui s’exprimait en conférence de presse avec le Premier ministre Laurent Lamothe et d’autres membres du Conseil supérieur de la police nationale (CSPN), considère les opérations déclenchées à la Compagnie haïtienne de moteurs S.A. comme le « début de la fin d’un cycle de terreur qu’un réseau se donnait pour tâche d'entretenir».

Neuf personnes au total sont déjà arrêtées, selon le directeur général de la Police nationale d’Haïti, Godson Aurélus, qui intervenait également à la conférence de presse  du CSPN. Cinq des personnes arrêtées, dont Clifford Brandt ont été déférées à la justice et quatre autres sont encore en garde à vue à la Direction centrale de la police judiciaire. Un ex-inspecteur de la PNH, Edner Comé, est activement recherché dans le cadre de l’enquête ouverte depuis le double rapt de Coralie et Nicolas Moscoso le 16 octobre 2012. Godson Aurélus lance, entre autres, un appel à la collaboration de ceux qui cachent les « kidnappeurs » et qui sont considérés comme des receleurs.

Laurent Lamothe s’en prend, pour sa part, à ceux qui tentent de « polariser ou de diviser la société » avec l’arrestation de Clifford Brandt, allusion faite à l’origine sociale et  au teint clair du présumé ravisseur. « Nous appliquons la loi contre tous ceux qui sont impliqués dans le kidnapping », a fait ressortir Lamothe qui s’exprimait en qualité de président du CSPN. Le chef du gouvernement assimile le succès des opérations menées par des unités spécialisées à une victoire pour les forces du bien.

Réginald Delva croit, pour sa part, que le début du démantèlement du puissant gang est de nature à susciter un regain de confiance de la population dans l’institution policière. D’anciennes victimes du kidnapping, dit-il, seraient prêtes à témoigner contre leurs bourreaux.

Selon le rapport acheminé au parquet de Port-au-Prince, six hommes armés vêtus de maillots gris et de pantalons bleus apparentés à l’uniforme de la PNH avaient enlevé Coralie et Nicolas Moscoso sur la route de Bourdon. Ces bandits, poursuit le rapport, utilisaient un véhicule portant une  plaque Service de l’Etat pour le double rapt du 16 octobre. Les deux jeunes ont été libérés par la PNH, sans le paiement de la rançon de 2,5 millions de dollars réclamée par les ravisseurs.

Claude GILLES

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