Un Saint-Martinois décède de la dengue

Un Saint-Martinois décède de la dengue

L’île n’avait pas connu d’épisode épidémique de dengue depuis deux ans. Cette année, elle est particulièrement virulente. En 2009, un enfant de Grand-Case en était mort. Cette année, c’est un patient dans la fleur de l’âge, ne présentant pas de facteurs à risque, qui a succombé à la maladie.

Un communiqué de presse de la Préfecture de Saint-Martin, transmis aux rédactions jeudi dernier, informe du décès d’un patient atteint du virus de la dengue. Il confirme qu’un « cas de dengue sévère ayant entraîné le décès du malade a été signalé à l’Agence Régionale de Santé de Guadeloupe (ARS) ». Il précise : « le patient, résidant à Saint-Martin, s’est présenté à l’hôpital de Marigot au début du mois de juin. Il a été pris en charge avec un tableau clinique typique de dengue, qui s’est rapidement dégradé jusqu’à entraîner son décès cinq jours plus tard, malgré son transfert dans un service spécialisé. » Il conclut : « les analyses et l’expertise effectuée depuis confirment que le décès est directement imputable à la dengue. »

Le sérotype incriminé ? Le numéro 4

Joint par téléphone, Patrick Saint-Martin, le directeur du pôle de veille sanitaire en Guadeloupe, précise : « le patient n’est pas décédé à Saint-Martin. Il a été transféré à Fort-de-France. » Il précise : « ce n’était pas un enfant, ni une personne âgée. »

Inquiet d’une stigmatisation éventuelle et par respect pour la famille, le directeur du pôle de veille sanitaire se veut très laconique dans ses informations. Il indique tout de même qu’il « s’agissait de quelqu’un de Saint-Martin, de jeune et en bonne santé. » Le sérotype incriminé serait le numéro 4, celui qui est actuellement le plus fréquent à Saint-Martin.

Mais pourquoi tant de temps entre la mort du patient, vraisemblablement dans les premiers jours du mois de juin, et l’annonce de ce décès par les autorités compétentes ? « Il fallait vérifier que c’était la dengue et seulement la dengue qui avait tué ce patient. Il a fallu laisser les experts travailler sur ce dossier post-mortem », répond le directeur du pôle de veille sanitaire.

« On ne sait pas pourquoi, dans certains cas, le virus va prendre une forme grave et occasionner la mort du patient », souligne-t-il. Avant d’ajouter : « n’importe qui peut décéder de la dengue d’où l’importance de la prévention. » Mais il précise : « il n’y a pas de sérotype spécifique à la dengue hémorragique. Elle est une aggravation de la maladie. »

L’importance de la prévention

Pour Patrick Saint-Martin, « les résultats qui continuent à arriver montrent que nous sommes dans une phase d’épidémie confirmée et en cours. Pour l’affirmer, nous sommes tributaires de la transmission des laboratoires. » Pourtant, selon le dernier bulletin de veille sanitaire relatif à notre île paru au mois de mai, l’épidémie tendait à diminuer.

Depuis le début de l’épidémie, 1 057 cas sont cliniquement évocateurs, 315 cas biologiquement confirmés, 11 cas hospitalisés. Le sérotype DENV- 4 est prédominant. « Les actions de préventions sont déjà entamées », affirme le bureau de l’ARS à Saint-Martin. Il précise : « la pulvérisation n’est pas la meilleure solution contre l’épidémie. Il faut faire en sorte que chacun se prenne en main et suive les consignes. » (voir encadré).

Un des enjeux majeurs de la surveillance est d’être capable de détecter le plus précocement possible le passage d’une phase inter-épidémique à une phase épidémique. L’ARS a, sur le terrain, une stratégie d’endiguement. Concrètement, lorsque qu’elle décèle une sérologie positive, elle intervient, si la personne est d’accord, à domicile. Elle procède à une élimination des gîtes, fait une pulvérisation intra domiciliaire. Elle pulvérise autour de la maison et contrôle les 50 habitants autour.

Mieux vaut prévenir...

« La prévention vaut mieux qu’avoir à gérer des cas graves », ajoute Patrick Saint-Martin. Pour toute épidémie, l’hôpital est le lieu où le risque de contracter une maladie est plus grand, car les patients atteints du virus viennent s’y faire soigner.

Le directeur du centre hospitalier Louis-Constant Fleming indique, pour sa part, que dans son établissement, « toutes les précautions sont prises pour éviter les gîtes larvaires. Nous utilisons des moustiquaires, des produits insecticides, comme chacun doit le faire à la maison. »

Lannig STERVINOU

Pas de commentaire.

Ajouter un commentaire